ven. Juin 21st, 2024

Je vous écrit un œil sur la télé où je regarde Humbert et Sonego s’écharper joyeusement sur le « Lenglen ».
C’est aussi jour de fête des mères et la photographie du jour fonctionne parfaitement avec ce premier match du tournoi de Roland Garros et cette célébration.
Si Serge Philippot, l’auteur de cette image est un peu le papa professionnel de Corinne Dubreuil qui doit évidemment être sur ce match, Chris Evert à droite est un peu sa maman.
Donc triple clin d’œil, on est pas loin du tic.*

Je m’explique : (ceux qui connaissent l’histoire de Corinne par cœur peuvent passer directement au paragraphe suivant.)
Toute jeune, folle de photo et de tennis (ça tombe bien), Corinne allait à Roland Garros tous les matins pour photographier les stars qui s’entrainaient sur les courts annexes. Pas besoin d’accréditation pour ça et elle pouvait être au plus près d’eux. C’était en 1987.
Chris Evert avait remarqué cette gamine, opiniâtre et passionnée. Elle avait pris le temps de papoter et avait été sensible à sa détermination et son enthousiasme.
Elle lui avait même dit, pour l’aider et l’encourager, qu’elle lui enverrait des places pour chaque tournoi où elle se produirait en Europe et que si elle la rejoignait elle la prendrait sous son aile.
Chris a tenu parole et Corinne a ainsi pu faire ses photos dans le sillage de la star.
Si elles arrivaient toutes deux dans un endroit réservé aux joueuses, Chris disait simplement : « Elle est avec moi » et le cerbère à l’entrée répondait en s’inclinant  : « Oui Maame Scarlett, bien sûr Maame Scarlett ». 
Je romance évidemment mais c’est pour l’image. Chris Evert était une star et s’entendre réponde non, ça ne lui arrivait pas plus souvent qu’à Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent.
Un passe-droit qui ne fonctionnerait plus aujourd’hui, d’autant qu’il n’est pas sûr qu’un vigile reconnaisse Iga Swiatek, la meilleure joueuse du monde actuellement dont la notoriété n’est pas établie.
Il dirait plutôt :  » Qui est avec toi Corinne ? Elle a le droit d’entrer? « 
Bref
Cet accès privilégié lui donnait des accès interdits aux photographes accrédités et lui permettait de faire des photos de coulisses que personne d’autre ne pouvait faire.
A l’époque, Tennis Magazine était un journal important. Il y avait une rubrique « Bruits de couloirs » composée de petite brèves et de photos « hors du court ».  Des trucs pas forcément exceptionnels mais qu’on ne voyait jamais, genre Vitas Gerulaitis buvant une vodka au club house avant de rejoindre le court détendu ou Chris et Martina Navratilova déjeunant ensemble en rigolant comme des copines avant d’aller jouer l’une contre l’autre. 
Corinne a commencé à leur proposer des images, ils les ont publiées et elle s’est mise à alimenter cette rubrique régulièrement et à se faire connaitre des gens du magazine.
Stage, puis embauche, bref, en 1991 elle est à Roland Garros comme photographe professionnelle,  accréditée bien sûr. Elle est seconde photographe derrière la référence de l’époque Serge Philippot, l’auteur de la photographie du jour qui a fait l’essentiel de sa carrière dans ce magazine. Elle y a passé douze ans et a beaucoup appris auprès de lui avant de s’envoler pour la carrière que l’on sait.
J’adore la photographie du jour.
D’une part parce qu’elle sont tellement proches qu’on ne sait pas qui a gagné mais aussi parce que c’est un grand moment de sport. Juste après la finale de Roland 85 qui reste pour moi le plus beau match de tennis féminin que je n’ai jamais vu. Trois sets (6-3 6-7 7-5) avec des tombereaux de points gagnants. Une merveille. Opposition des styles et classe absolue des deux côtés. 
Un match qu’on souhaiterait voir se terminer par un match nul, mais ça n’existe pas en tennis.
Martina a perdu mais elle s’est éclatée. Elle sait qu’elle viennent de faire toutes deux « Le match », celui qui restera dans les mémoires pour toujours.
Donc je rebondis sur mon commerce de manière adroite et légère (comme d’hab). 
C’est quand même un super cadeau de fêtes des mères, considérant que ce n’est pas les moins de vingt ans qui offrent des tirages originaux à leur maman en cette occasion. Jamais eu le cas d’un enfant qui offre un tirage à sa maman où alors c’est que Papa est en second rideau.
Je m’y prends tard, c’est sûr, mais si votre maman aime le tennis, ça marche aussi à Noël ou pour son anniversaire, triomphe garanti. Si elle n’aime pas je vous rembourse.
Trente tirages en vente et deux sont partis. Il en reste 28, vous avez le temps de réfléchir.
Vous saurez tout en cliquant sur l’image.
660€ et 880€ seront mes deux propositions du jour pour les deux formats disponibles si vous réservez avant minuit.

Si vous aimez le tennis de ces années-là, je vous encourage à visiter la page de Serge par le lien du bas.

Le temps que j’écrive, je vois qu’Ugo Humbert vient de perdre. Il sera disponible le 2 juin pour voir son club de foot de cœur, le FC Metz, jouer sa survie en ligue 1 contre les Verts, ça le consolera peut être.
 

One thought on “Je regarde Humbert et Sonego s’écharper joyeusement sur le « Lenglen »”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *